Septembre 2026 restera le mois des records. Le gazole a gagné 16 centimes en trente jours, de 2.212 €/L le 1er septembre à 2.372 €/L le 30, après un sommet à 2.403 €/L le 20 septembre, le plus haut niveau mesuré par PrixCarbu. Sa moyenne mensuelle, 2.337 €/L, dépasse de 12 centimes celle d'août : septembre devient le mois le plus cher de l'année, devant avril. Les sans-plomb suivent le même chemin, moins vite : l'E10 finit le mois à 2.149 €/L (+9,6 centimes). En toile de fond, le baril de Brent a repassé les 100 dollars le 9 septembre, après de nouvelles frappes autour du détroit d'Ormuz. Bilan complet, établi à partir de 443 087 relevés officiels dans 9 622 stations.
Trois semaines de hausse, puis un plateau
Moyennes nationales quotidiennes, chaque station comptée avec son dernier prix connu (7 jours au plus). Les pointillés marquent le passage du Brent au-dessus de 100 dollars (9 septembre) et le pic du gazole (20 septembre) ; la ligne horizontale, le plafond du gazole chez TotalEnergies.
Le mois s'est joué en deux temps. D'abord trois semaines de hausse presque sans pause : le gazole franchit 2.25 €/L dès le 4 septembre, atteint 2.30 €/L le 10, puis accélère après la mi-septembre jusqu'à 2.403 €/L le 20. Ensuite un plateau autour de 2.40 €/L jusqu'au 22, et un reflux lent qui ramène le litre à 2.372 €/L le 30. Le plein de 50 litres de gazole est passé de 110,60 € à 118,60 € dans le mois.
Les essences ont suivi la même courbe avec moins d'amplitude. L'E10 culmine à 2.160 €/L le 17 septembre, le SP98 à 2.245 €/L les 19 et 20. L'écart entre le gazole et l'E10, de 15,8 centimes le 1er septembre, a atteint 24,8 centimes le 22 et finit le mois à 22,3 centimes.
Des records à la pompe, en France et en Europe
Le sommet du 20 septembre n'est pas propre à nos relevés. Le Bulletin pétrolier de la Commission européenne, qui publie chaque semaine depuis 2005 le prix moyen des carburants en France, enregistre lui aussi un record : 2,383 €/L pour le gazole dans son édition du 21 septembre, contre 2,314 €/L au plus fort d'avril et 2,141 €/L en mars 2022. Le sans-plomb 95 y bat de même son record de juin 2022 (2,219 €/L contre 2,131 €/L). Pour l'E10, le précédent record officiel, celui du 14 juin 2022, était tombé dès la mi-septembre, comme nous le racontions dans notre article du 15 septembre. Le mouvement dépasse la France : le 24 septembre, le gazole atteignait son plus haut historique en moyenne dans l'Union européenne, à 2,23 €/L.
Le baril au-dessus de 100 dollars
Brent (clôture quotidienne, en dollars) et carburants à la pompe, ramenés à un indice base 100 au 1er septembre 2026. Du 24 au 30 septembre, clôtures publiées par Prix du baril ; pas de clôture comparable du 21 au 23 (pointillés).
Le 1er septembre, deux pétroliers sont touchés dans le détroit d'Ormuz, après la reprise des hostilités entre l'Iran et les États-Unis à la fin août : le Brent clôture à 94.65 $. Le 9, de nouvelles frappes américaines et iraniennes contre des pétroliers le font repasser au-dessus de 100 dollars (101.21 $ en clôture, voir notre article du 10 septembre). Le 10, l'extension du conflit vers la mer Rouge l'envoie à 107.63 $. Il culmine le 15 à 108.75 $, porté par les hostilités entre les Houthis et l'Arabie saoudite. Les espoirs de négociation font ensuite refluer les cours la semaine du 21, sans les ramener à leur niveau de début de mois : le baril termine septembre à 103.53 $, en hausse de 9,4 %. Le cours du pétrole est à suivre en direct sur Prix du baril.
Le gazole a augmenté plus vite que l'essence, pour des raisons propres au diesel, détaillées par Prix du baril. Entrer et sortir du détroit d'Ormuz coûte « en gros 10 dollars du baril » de plus selon Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, un surcoût que les petits navires qui transportent l'essence et le diesel ne peuvent pas absorber. La Russie, qui exporte habituellement près de 800 000 barils par jour de diesel ou d'essence (environ 10 % de l'offre disponible), maintient son moratoire sur les exportations de diesel, et les frappes ukrainiennes ont réduit la production de ses raffineries. Fin septembre, Donald Trump défendait en outre une interdiction des exportations américaines de diesel, « une très mauvaise idée » selon l'Union européenne. La France, qui importe une grande partie de son gazole, subit ces tensions directement.
Carburant par carburant : le gazole loin devant
Variation du prix moyen national entre le 1er et le 30 septembre 2026.
Tous les carburants terminent septembre plus chers qu'ils ne l'ont commencé, à l'exception du GPLc, stable. Le gazole (+16,0 ct) devance le SP95 (+11,7 ct), le SP98 et l'E10 (+9,6 ct chacun). En moyenne mensuelle, les carburants fossiles coûtent 11,8 à 13,3 centimes de plus qu'en août. Le superéthanol reste à l'écart de la flambée : à 0.886 €/L de moyenne, il coûte 1,45 € de moins que le gazole au litre (voir notre guide du superéthanol E85).
| Carburant | 1er sept. | 30 sept. | Variation | Moyenne du mois | Écart avec août |
|---|---|---|---|---|---|
| Gazole | 2.212€/L | 2.372€/L | +16,0 ct | 2.337€/L | +12,1 ct |
| SP95 | 2.093€/L | 2.210€/L | +11,7 ct | 2.188€/L | +13,3 ct |
| E10 | 2.053€/L | 2.149€/L | +9,6 ct | 2.130€/L | +11,8 ct |
| SP98 | 2.135€/L | 2.231€/L | +9,6 ct | 2.214€/L | +12,1 ct |
| E85 | 0.872€/L | 0.896€/L | +2,4 ct | 0.886€/L | +2,0 ct |
| GPLc | 1.037€/L | 1.038€/L | +0,1 ct | 1.039€/L | −0,4 ct |
Le plafond TotalEnergies rattrapé par le gazole
Depuis le 22 juillet, TotalEnergies plafonne ses prix à 1,99 €/L pour l'essence et 2,25 €/L pour le gazole (notre bilan de l'été). Tout l'été, le plafond du gazole est resté au-dessus de la moyenne nationale. Ce n'est plus le cas depuis le 4 septembre. En septembre, 9 relevés de gazole sur 10 des stations TotalEnergies affichent pile 2.250 €/L, et la quasi-totalité de leurs relevés d'E10 et de SP98 1.990 €/L. Les quelque 2 300 stations TotalEnergies du flux officiel, près d'un quart du parc, ont vendu le gazole 11,5 centimes moins cher que les autres en moyenne (2.246 €/L contre 2.361 €/L), et l'E10 18,5 centimes moins cher. Elles freinent la moyenne nationale : les départements où elles sont les plus nombreuses ont, dans l'ensemble, moins augmenté. L'écart ne fait pas que des heureux : des stations d'Ajaccio ont fermé le 12 septembre pour contester ces prix plafonnés, et les stations indépendantes se plaignent de l'écart de prix.
Semaine par semaine : trois semaines de hausse, un premier reflux
Le gazole a pris 7,2 centimes du 1er au 7 septembre, 4,8 centimes la semaine suivante, puis 7 centimes jusqu'au 21. La dernière semaine dessine un premier reflux, modeste : 2 centimes de baisse jusqu'au 28, puis encore 1 centime d'ici au 30. Ces mouvements sont suivis chaque semaine dans notre baromètre hebdomadaire.
Des aides ciblées, pas de baisse générale des taxes
Le 9 septembre, Bercy a écarté une baisse générale des taxes sur les carburants, que « la situation des finances publiques » ne permet pas selon le ministère, au profit d'aides ciblées sur les ménages et les entreprises les plus exposés. Le 17, le gouvernement a annoncé la prolongation de ces aides jusqu'au 31 décembre. Le 22, l'aide de 100 € aux « grands rouleurs » a été prolongée jusqu'à fin décembre et ouverte à 5,5 millions de personnes, contre 3 millions jusque-là. Le même jour, l'État a autorisé la vente de « gazole d'été » jusqu'au 15 novembre. Le 24, Emmanuel Macron n'a pas exclu une baisse des taxes si les prix devaient s'envoler.
La géographie des prix : la Bretagne devant, la Savoie et l'Alsace derrière
Les 5 départements les moins chers (gazole, moyenne des relevés de septembre) :
| # | Département | Moyenne septembre |
|---|---|---|
| 1 | Finistère (29) | 2.293€/L |
| 2 | Loire-Atlantique (44) | 2.294€/L |
| 3 | Ille-et-Vilaine (35) | 2.294€/L |
| 4 | Côtes-d'Armor (22) | 2.297€/L |
| 5 | Nord (59) | 2.300€/L |
Les 5 plus chers :
| # | Département | Moyenne septembre |
|---|---|---|
| 1 | Savoie (73) | 2.397€/L |
| 2 | Bas-Rhin (67) | 2.379€/L |
| 3 | Haut-Rhin (68) | 2.378€/L |
| 4 | Creuse (23) | 2.378€/L |
| 5 | Doubs (25) | 2.359€/L |
La Bretagne et la Loire-Atlantique restent les moins chères : quatre départements en 4 millièmes, rejoints par le Nord. En haut du tableau, la Savoie passe devant les deux départements alsaciens. Les Hauts-de-Seine, les plus chers en août, sortent du classement : ils sont même le seul département où le gazole a baissé d'un mois sur l'autre (−2,4 centimes), quand la hausse atteint 14,6 centimes en Charente-Maritime. Faire le plein dans le Finistère plutôt qu'en Savoie représentait en septembre 10,4 centimes d'écart par litre, 5,20 € par plein de 50 litres. Sur autoroute, le gazole coûtait en moyenne 2.408 €/L, 8,9 centimes de plus qu'ailleurs ; le 18 septembre, 29 stations l'ont affiché à 2,80 € ou plus. Le détail par département est sur la carte de France des prix.
Et pour octobre ?
Le gazole termine septembre au-dessus de 2.37 €/L, et le baril autour de 100 dollars : sans détente durable autour d'Ormuz, la baisse de fin septembre restera limitée. Les réflexes qui comptent restent les mêmes : privilégier les enseignes les moins chères, éviter le plein sur autoroute, et comparer les stations autour de vous dans l'application PrixCarbu. Pour mesurer ce que le baril pèse vraiment dans le prix du litre, essayez notre simulateur « Du baril à la pompe ». Rendez-vous début novembre pour le bilan d'octobre.
Questions fréquentes
Le gazole a-t-il battu son record en septembre 2026 ?
Pourquoi le gazole a-t-il augmenté plus vite que l'essence en septembre 2026 ?
Où le gazole était-il le moins cher en septembre 2026 ?
Méthodologie : moyennes nationales quotidiennes calculées à partir des prix officiels affichés par les stations (données gouvernementales), chaque station étant comptée avec son dernier prix connu (7 jours au plus), soit 443 087 relevés dans 9 622 stations en septembre. C'est la méthode de nos articles du 10 et du 15 septembre et de l'onglet Tendances de l'application ; les bilans de juillet et d'août retenaient les seules stations ayant déclaré un prix dans la journée, ce qui décale leurs moyennes de quelques millièmes à un centime (les moyennes d'août de cette page sont recalculées avec la nouvelle méthode). Classements départementaux : moyenne de tous les relevés du mois, départements d'au moins 25 stations actives. Stations d'autoroute : classement du flux officiel. Records européens : Bulletin pétrolier hebdomadaire de la Commission européenne (prix moyens TTC en France depuis 2005). Brent : cours de clôture quotidiens. Actualité : dépêches de presse, dont celles publiées par Prix du baril. Les chiffres de cette page décrivent un mois clos et ne seront plus modifiés.
