Le gazole n'a jamais coûté aussi cher dans nos relevés. Ce jeudi 10 septembre 2026, il s'affiche à 2.299 €/L en moyenne nationale, un dixième de centime au-dessus du précédent sommet du 15 avril, et le baril de Brent a clôturé la veille à 101,21 $, sa première clôture au-dessus des 100 dollars depuis le 22 mai. En sept jours, le litre de gazole a pris 5,5 centimes ; depuis la fin août, près de 10. Le plein de 50 litres revient à 114,95 €, 21 € de plus qu'au creux de l'été.
État des lieux à partir de 8 931 relevés gazole de moins de 7 jours, croisés avec le cours du baril et l'actualité du jour, du détroit d'Ormuz à Bercy.
Les prix du 10 septembre, carburant par carburant
Tous les carburants fossiles progressent, le gazole en tête. L'écart entre le gazole et l'E10, retombé sous 16 centimes au début du mois, se rouvre à 17 centimes. Seuls le superéthanol et le GPL restent à peu près stables.
| Carburant | Prix au 10/09 | Parc au 03/09 | Variation 7 j | Relevés |
|---|---|---|---|---|
| Gazole | 2.299€/L | 2.243€/L | +5,5 ct (+2,5 %) | 8 931 |
| E10 | 2.129€/L | 2.080€/L | +4,3 ct (+2,1 %) | 6 990 |
| SP95 | 2.183€/L | 2.127€/L | +5,2 ct (+2,5 %) | 2 571 |
| SP98 | 2.224€/L | 2.160€/L | +4,8 ct (+2,2 %) | 6 887 |
| E85 | 0.886€/L | 0.876€/L | +0,9 ct (+1,0 %) | 2 780 |
| GPLc | 1.040€/L | 1.038€/L | +0,0 ct (+0,0 %) | 916 |
Prix au 10/09 : moyenne des relevés de moins de 7 jours à 10 h. Parc au 03/09 et variation : chaque station comptée avec son dernier prix connu à chaque date.
Variation du prix moyen national entre le 3 et le 10 septembre 2026, parc complet.
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Un record dans nos relevés, au bout de cinq semaines de hausse
Moyennes nationales quotidiennes du 12 juin au 9 septembre 2026 ; le point du 10 septembre correspond aux relevés de moins de 7 jours à 10 h. Les pointillés marquent le creux de l'été (3 juillet), son sommet (23 août) et le record du jour.
Le mouvement ne date pas d'hier. Depuis la semaine 32, au début du mois d'août, le gazole a gagné 9,5 centimes avec une seule vraie pause, la dernière semaine d'août. Le sommet de l'été, 2.250 €/L le 23 août, est dépassé de près de 5 centimes. Surtout, la moyenne du jour passe au-dessus du pic du 15 avril (2.298 €/L), atteint au plus fort de la première crise du détroit d'Ormuz : la base PrixCarbu ne comptait alors qu'un millier de stations déclarantes par jour, contre près de 9 000 aujourd'hui, ce qui invite à la prudence sur le dixième de centime, pas sur le niveau. La moyenne mensuelle d'avril, 2.267 €/L, reste le mois le plus cher de l'année ; septembre est parti pour le dépasser.
La statistique hebdomadaire officielle raconte la même chose : la DGEC relevait 2,257 €/L la semaine du 4 septembre, déjà au-dessus du précédent record de fin mars (2,188 €/L, un plus haut depuis 1985 selon franceinfo). Roole Data mesurait 2.284 €/L mardi, l'agence Radio France 2,29 € mercredi.
| Semaine | Gazole | E10 | SP98 |
|---|---|---|---|
| S32 (03/08 au 09/08) | 2.197€/L | 1.990€/L | 2.071€/L |
| S33 (10/08 au 16/08) | 2.195€/L | 1.994€/L | 2.068€/L |
| S34 (17/08 au 23/08) | 2.239€/L | 2.021€/L | 2.093€/L |
| S35 (24/08 au 30/08) | 2.225€/L | 2.029€/L | 2.108€/L |
| S36 (31/08 au 06/09) | 2.248€/L | 2.074€/L | 2.158€/L |
| S37 (07/09 au 10/09, en cours) | 2.292€/L | 2.112€/L | 2.196€/L |
Moyennes hebdomadaires des relevés quotidiens.
Le baril à 100 dollars : ce qui se passe autour d'Ormuz
Mercredi soir, le Brent de la mer du Nord a bondi de 3,4 % pour clôturer à 101,21 $, comme le rapporte Prix du baril ; le WTI américain a fini à 96,05 $. Jeudi à 10 h 14, le Brent s'échangeait 101,65 $, soit 87,36 € le baril, avec une ouverture à 101,67 $ et un plus haut de séance à 101,94 $. Sur un mois, le baril gagne 16 % (87,72 $ le 10 août) ; sur un an, 52 %. Il reste toutefois loin de son sommet de la première crise d'Ormuz, une clôture à 118,35 $ le 31 mars.
La marche a été régulière : quatre clôtures en hausse sur cinq la semaine dernière, de 90,49 $ lundi 31 août à 96,28 $ vendredi, puis 97 $ lundi, 97,92 $ mardi et le franchissement mercredi. Le pétrole s'est installé au-dessus des 100 dollars dès les premiers échanges asiatiques de jeudi.
Le déclencheur est militaire. Mardi, l'armée américaine a détruit cinq pétroliers iraniens dans le Golfe ; mercredi, Téhéran a affirmé avoir attaqué une vingtaine de navires qui tentaient de franchir le détroit d'Ormuz, dont huit pétroliers, et les Gardiens de la Révolution ont revendiqué des tirs contre une base jordanienne utilisée par les forces américaines. L'Iran, qui exige désormais une autorisation pour tout passage du détroit, annonce l'extension de cette zone au-delà d'Ormuz ; l'agence maritime britannique UKMTO a signalé plusieurs navires en feu. La semaine avait commencé par des frappes houthies sur des installations de Saudi Aramco. Par ce passage transitait, avant la guerre, un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial ; le trafic y est réduit à quelques navires par jour.
Les marchés ne voient pas d'issue proche. Donald Trump a d'abord prédit mercredi que la guerre s'arrêterait « immédiatement après les élections » de mi-mandat, début novembre, avant de renoncer à tout calendrier le soir même. Aux États-Unis, le gallon de diesel a atteint un record à 5,94 $ ; en Europe, le gaz a brièvement dépassé 80 € le mégawattheure, une première depuis plus de trois ans et demi.
Le baril monte plus vite que la pompe, pour l'instant
Brent (clôture, en dollars ; cours de 10 h 14 pour le 10 septembre) et carburants à la pompe (parc complet), ramenés à un indice base 100 au 1er septembre 2026.
Depuis le 1er septembre, le Brent a pris 7,4 % et le gazole 3,9 %, l'E10 et le SP98 3,4 %. Ce n'est pas une anomalie : la pompe suit le baril avec un décalage de cinq à six jours. Le Brent était à 95 $ le 2 septembre ; la hausse de cette semaine reflète donc surtout celle de la semaine dernière. Le passage à 100 $ n'est pas encore dans les prix affichés.
Ce que le baril explique, et ce qu'il n'explique pas
Ramené au litre, le Brent à 101 $ vaut 0,55 €. C'est moins d'un quart d'un litre de gazole à 2.299 €. Le reste, ce sont les taxes (accise et TVA, environ 43 % du prix), la distribution, et surtout le raffinage. L'indicateur de marge brute de raffinage publié par la DGEC ressort à 48,71 $ par baril en septembre, en données provisoires, contre 38,05 $ en août : le diesel raffiné, que la France importe en grande partie, se renchérit bien plus vite que le brut, un effet que nous avions déjà mesuré dans notre bilan de l'été, quand le baril avait perdu 7 % et le gazole gagné 8 %.
Ce point fait débat entre distributeurs et raffineurs. Sur BFMTV, le patron de Coopérative U, Dominique Schelcher, décrit des marges de raffinage multipliées « fois trois, fois quatre » et des marges de distribution « plus réduites que jamais » sur ce produit d'appel ; il refuse de donner une borne haute aux prix tant que les flux maritimes ne sont pas revenus à la normale.
Où le plein coûte le moins cher aujourd'hui
La géographie est stable : l'Ouest et la Corse-du-Sud restent les moins chers, Paris, les Hauts-de-Seine et l'Alsace les plus chers. Entre le Finistère (29) (2.267 €/L) et Paris (75) (2.358 €/L), l'écart est de 9,1 centimes, soit 4,55 € par plein de 50 litres. Pour l'E10, l'amplitude est encore plus large : 12,5 centimes entre l'Ardèche (07) (2.075 €/L) et le Bas-Rhin (67) (2.200 €/L).
| # | Moins chers (gazole) | Moy. | Plus chers (gazole) | Moy. |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Finistère (29) | 2.267€/L | Paris (75) | 2.358€/L |
| 2 | Corse-du-Sud (2A) | 2.269€/L | Hauts-de-Seine (92) | 2.353€/L |
| 3 | Lot-et-Garonne (47) | 2.273€/L | Bas-Rhin (67) | 2.349€/L |
| 4 | Morbihan (56) | 2.277€/L | Haute-Marne (52) | 2.337€/L |
| 5 | Loire-Atlantique (44) | 2.278€/L | Seine-Saint-Denis (93) | 2.331€/L |
Moyennes départementales des relevés gazole de moins de 7 jours, départements d'au moins 25 stations.
La hausse de la semaine, elle, n'est pas uniforme, et elle frappe d'abord les départements les moins chers : la Vendée (85) (+8,5 ct), les Côtes-d'Armor (22) (+8,3 ct), la Loire-Atlantique (44) et l'Orne (61) (+8,0 ct) et le Finistère (+7,9 ct) encaissent les plus fortes progressions en sept jours, quand la Corse-du-Sud (2A) (+2,4 ct), les Hauts-de-Seine (92) (+2,8 ct) et la Seine-Saint-Denis (93) (+3,2 ct) sont les moins touchés. Aucun département ne baisse. L'écart entre l'Ouest et l'Île-de-France se resserre donc, par le haut.
Station par station, les extrêmes sont plus parlants encore. Hors autoroute, le gazole le moins cher de France s'affiche à 2.150 €/L au Total Access de Fleurville (Saône-et-Loire), 14,9 centimes sous la moyenne, devant la station TotalEnergies de Saint-Laurent-de-Chamousset (Rhône, 2.159 €/L) et celle de Gorron (Mayenne, 2.163 €/L). Le premier hypermarché est le Match d'Avesnelles (Nord, 2.168 €/L). Pour l'E10, le garage Corbi de Montendre (Charente-Maritime) affiche 1.952 €/L, 17,7 centimes sous la moyenne nationale. À l'autre bout, le gazole le plus cher du pays se trouve sur l'A11, à l'aire des Portes d'Angers Sud (Maine-et-Loire) : 2.799 €/L ; hors autoroute, une station de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) l'affiche à 2.709 €/L, 56 centimes au-dessus de Fleurville.
| # | Station (gazole, hors autoroute) | Dépt | Enseigne | Prix |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Fleurville | 71 | TotalEnergies Access | 2.150€/L |
| 2 | Saint-Laurent-de-Chamousset | 69 | TotalEnergies | 2.159€/L |
| 3 | Gorron | 53 | TotalEnergies | 2.163€/L |
| 4 | Avesnelles | 59 | Supermarché Match | 2.168€/L |
| 5 | Ajaccio | 2A | TotalEnergies | 2.185€/L |
| 6 | Ajaccio (Relais Ceccaldi) | 2A | TotalEnergies | 2.189€/L |
| 7 | Alata | 2A | TotalEnergies | 2.189€/L |
| 8 | Eymoutiers | 87 | TotalEnergies | 2.189€/L |
| 9 | Marquion | 62 | Système U | 2.190€/L |
| 10 | Perpignan | 66 | Carrefour | 2.190€/L |
Relevés de moins de 7 jours au 10 septembre 10 h, stations d'autoroute et prix aberrants exclus (un relevé isolé à 1,99 € sur le gazole, sous le plafond TotalEnergies, a été écarté).
Le plafonnement TotalEnergies (1,99 € l'essence, 2,25 € le gazole, maintenu « tant que le conflit durera » selon Patrick Pouyanné) pèse de nouveau sur les classements : ce jeudi, 9 des 10 stations E10 les moins chères de France sont des stations du groupe, et sur le gazole, 1 815 stations TotalEnergies affichent pile 2.250 €, le plafond : sans lui, la moyenne nationale serait plus haute encore. Revers du dispositif : plusieurs médias signalent des stations plafonnées à sec.
Géolocalisation, filtres par carburant et par enseigne, stations favorites et alertes de prix.
Bercy ne bouge pas
La réunion de mercredi entre le ministère de l'Économie et les distributeurs de carburants n'a débouché sur aucune aide nouvelle. Bercy écarte toute baisse générale des taxes : « la situation des finances publiques ne nous semble pas permettre ce type de mesure ». Le plafonnement des prix n'est pas davantage soutenu, « plafonner, c'est organiser la pénurie », et la ligne reste celle d'aides ciblées, pour 1,4 milliard d'euros. Les dispositifs sectoriels (BTP, agriculteurs, marins-pêcheurs, de 15 à 25 centimes par litre) sont prolongés jusqu'à fin octobre ; le guichet de l'indemnité de 100 € pour les gros rouleurs, ouvert jusqu'au 30 septembre, vise près de 3 millions de travailleurs modestes, et la moitié seulement des foyers éligibles l'ont sollicitée. Seule annonce nouvelle : une enquête sur les marges des raffineurs, que réclamait la grande distribution. Michel-Édouard Leclerc estime de son côté qu'au-delà d'un certain seuil, l'État sera contraint de réduire la taxation.
Le ministère avance aussi ses chiffres : la consommation de carburants a reculé de 5,5 % avec la hausse des prix, et à fin août les recettes fiscales ne dépassaient que de 9 millions d'euros leur niveau de 2025, les 304 millions de TVA supplémentaires compensant à peine les 295 millions d'accises perdus. Pas de cagnotte, donc, et pas de marge de manœuvre.
Et maintenant ?
Avec un Brent à 100 $ et une marge de raffinage au plus haut, la hausse n'a pas fini de se transmettre : le décalage de cinq à six jours place la prochaine marche autour du 15 septembre. À court terme, les leviers restent les mêmes, et ils n'ont jamais autant pesé : 15 centimes d'écart entre la station la moins chère et la moyenne, c'est 7,45 € sur un plein. Privilégiez les enseignes les moins chères, évitez le plein sur autoroute, suivez le cours du baril en direct sur Prix du baril, et la suite semaine par semaine dans le baromètre hebdomadaire.
9 800 stations, prix officiels mis à jour toutes les 10 minutes, application gratuite et sans inscription.
PrixCarbu, l'appli : la démo en 1 minute
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Questions fréquentes
Le gazole est-il à un niveau record en France ?
Pourquoi le carburant augmente-t-il alors que le baril n'a « que » repassé 100 $ ?
Où faire le plein le moins cher aujourd'hui ?
Combien coûte un plein de 50 litres de gazole le 10 septembre 2026 ?
Méthodologie : moyennes nationales calculées sur les prix officiels affichés par les stations (données gouvernementales), relevés de moins de 7 jours au 10 septembre 2026 à 10 h (8 931 stations pour le gazole), hors stations en rupture, prix aberrants exclus. Variation sur 7 jours mesurée sur le parc complet, chaque station comptée avec son dernier prix connu. Classements départementaux : départements d'au moins 25 stations. Cours du Brent : clôtures ICE et cours de 10 h 14 relevés par prixdubaril.com. Actualité : dépêches reprises par prixdubaril.com, DGEC, ministère de l'Économie, Roole Data, agence Radio France, franceinfo. Les chiffres de cette page sont ceux du 10 septembre 2026 et ne seront plus modifiés.
