L'été 2026 s'achève avec un gazole à 2.196 €/L en moyenne nationale, soit 17,1 centimes de plus qu'au 1er juin. Entre les deux, trois mois qui ont tout connu : une accalmie en juin dans le sillage de l'accord entre Washington et Téhéran, une flambée de 35 centimes en juillet, puis un plateau au-dessus de 2.20 €/L en août. Le paradoxe de la saison tient en une phrase : le baril de Brent termine l'été moins cher qu'il ne l'avait commencé, et le gazole nettement plus cher.
Retour sur 91 jours, à partir de 1 436 672 relevés officiels dans 9 760 stations, et de l'actualité de la saison.
Un été en trois actes
Moyennes nationales quotidiennes du 1er juin au 30 août 2026. Les pointillés marquent les quatre dates qui ont fait l'été : l'accord États-Unis-Iran (16 juin), l'embargo russe sur le gazole (8 juillet), le retour du plafond TotalEnergies (22 juillet) et le sommet du gazole (23 août).
Juin, la détente. Le mois s'ouvre sur un gazole à 2.025 €/L, en repli depuis le pic d'avril (2.267 €/L en moyenne mensuelle, au plus fort de la crise du détroit d'Ormuz). La baisse s'accélère à la mi-juin avec l'accord conclu entre les États-Unis et l'Iran : le Brent, encore à 95 $ le 1er juin, passe sous 80 $ le 16 et finit le mois à 73 $.
À la pompe, le gazole repasse sous les 2 € le 13 juin et y reste 31 jours d'affilée. Il fait même mieux : du 19 juin au 7 juillet, il coûte moins cher que l'E10, jusqu'à 1,3 centime de moins le 30 juin.
Outre-Atlantique, Donald Trump juge la baisse trop lente et ordonne le 24 juin au ministère de la Justice d'examiner les pratiques des compagnies pétrolières, l'essence venant tout juste de repasser sous les 4 dollars le gallon. En France, TotalEnergies annonce le 30 juin qu'il recentre son plafond de 1,99 €/L sur 1 200 stations rurales et sur ses stations d'autoroute lors de cinq week-ends de départs, en invoquant précisément cette baisse des prix.
Juillet, la flambée du gazole. Le 3 juillet marque le point bas de l'été pour tous les carburants : 1.873 €/L pour le gazole, 1.874 €/L pour l'E10, 1.968 €/L pour le SP98. Trois jours plus tard, Bercy referme la parenthèse budgétaire : sur RTL, le ministre des Comptes publics David Amiel affirme qu'il n'y a « pas de cagnotte » et chiffre à 80 millions d'euros la perte de recettes du premier semestre, la baisse des volumes (−12 % en mai sur un an) ayant plus que compensé le surcroît de TVA.
Le tournant vient du marché du diesel. Le 8 juillet, la Russie interdit ses exportations de gazole après les frappes ukrainiennes sur ses raffineries ; le jour même, le gazole repasse devant l'E10 (1.924 €/L contre 1.920 €/L). Le 14 juillet, il refranchit les 2 € ; le 16, il dépasse le SP98.
Le débat fiscal se rallume : le député Philippe Brun qualifie d'« échec total » l'aide de 100 € aux gros rouleurs (24 % de recours selon lui, 40 % selon la ministre Maud Bregeon) et plaide pour une fiscalité flottante à l'espagnole, que le gouvernement écarte au nom du déficit.
Puis le conflit reprend au Moyen-Orient : le 22 juillet, le Brent bondit à 94 $ et TotalEnergies rétablit le jour même son plafonnement dans toutes ses stations (1,99 € l'essence, 2,25 € le gazole). Le 27, l'Italie choisit une autre voie et baisse de 17 centimes la fiscalité du seul gazole, qui valait ce jour-là 2.185 €/L de l'autre côté des Alpes contre 2.208 €/L en France. Entre le 30 juin et le 31 juillet, le gazole français a pris 33,5 centimes, un mois détaillé jour par jour dans notre bilan de juillet.
Août, le plateau. Le mois n'apporte ni rechute ni nouvelle envolée : le gazole passe 21 jours sur 30 au-dessus de 2.20 €/L. Un bref répit du 8 au 10 août (2.16 €/L, le Brent étant retombé sous 80 $ les 4 et 5 août), puis une remontée régulière jusqu'au sommet de l'été, 2.250 €/L le 23 août, deux jours après un Brent à 92,67 $. La dernière semaine dessine une légère détente : 2.196 €/L le 30 août. Les essences, elles, sont restées cantonnées entre 1.97 et 2.03 €/L pour l'E10.
Le 29 août, à la veille du dernier chassé-croisé, Patrick Pouyanné confirme que TotalEnergies maintiendra son plafonnement « tant que le conflit durera », un dispositif dont il chiffre le coût à 250 à 300 millions d'euros et qui aurait porté la part de marché du groupe de 22 % à 25 %.
Le baril a fini l'été plus bas, le gazole plus haut
Brent (clôture quotidienne, en dollars) et carburants à la pompe, ramenés à un indice base 100 au 1er juin 2026. Dernière clôture disponible : 28 août.
Sur le papier, l'été aurait dû être une bonne saison pour les automobilistes : le Brent, 94.98 $ le 1er juin, valait 88.10 $ le 28 août, soit −7,2 %. Le gazole a pourtant progressé de 8,4 % sur la même période, quand l'E10 (+1,6 %) et le SP98 (+0,3 %) faisaient du surplace. Trois facteurs expliquent ce décrochage.
Le premier est le marché du diesel lui-même : entre l'embargo russe et le resserrement signalé par l'Agence internationale de l'énergie dans son rapport de juillet, le gazole s'est renchéri sur les marchés de gros bien plus vite que le brut, un écart qui ne se lit pas dans le cours du baril. La France, qui importe une grande partie de son gazole, le subit de plein fouet.
Le deuxième est fiscal : les taxes (accise et TVA) pèsent autour de 45 % du prix d'un litre de gazole cet été ; elles amortissent les hausses du baril à la pompe, mais amortissent tout autant les baisses.
Le troisième est propre aux essences : le plafond TotalEnergies à 1,99 €/L, appliqué dans quelque 3 300 stations, tire mécaniquement la moyenne nationale des sans-plomb vers le bas. Ce n'est pas le cas du gazole, plafonné à 2,25 €/L, un niveau que la moyenne nationale n'a jamais atteint cet été. Le cours du baril est à suivre en direct sur Prix du baril.
L'essence plafonnée, le gazole libre : un écart record
Le rétablissement du plafond se lit dans nos courbes. Le 22 juillet, jour de l'annonce, le SP98 culmine à 2.133 €/L et l'E10 à 2.039 €/L, leurs sommets de l'été. Dès le lendemain, le SP98 perd 4,8 centimes en moyenne nationale et l'E10 1,7 centime, alors que le gazole, lui, continue de monter. Plus de 3 000 stations passant d'un coup à 1,99 €, l'effet sur la moyenne est arithmétique.
Résultat : l'écart entre gazole et E10, négatif fin juin, atteint 23 centimes le 23 août, du jamais vu dans nos relevés, et 17,8 centimes le 30 août. Face au SP98, le carburant premium des essences, le gazole termine l'été avec 11,5 centimes d'avance. Pour les conducteurs de diesel, le choix de l'enseigne n'a jamais autant compté : dans notre classement des enseignes, TotalEnergies est premier sur le SP98 et parmi les derniers sur le gazole.
Carburant par carburant : le gazole seul en hausse
Variation du prix moyen national entre le 1er juin et le 30 août 2026.
Le gazole concentre l'essentiel de la hausse : +17,1 centimes entre le 1er juin et le 30 août, et +25,4 centimes si l'on compare les moyennes mensuelles d'août et de juin. Les sans-plomb finissent l'été à peu près où ils l'ont commencé : +0,5 ct pour le SP98, +3,1 ct pour l'E10, +5,7 ct pour le SP95, dont le réseau se réduit et dont la moyenne repose sur moins de relevés.
Les carburants alternatifs n'ont pas suivi : l'E85 est resté entre 0.83 et 0.88 €/L tout l'été, et le GPLc a même reculé de 6,1 centimes, à 1.019 €/L. Pour un véhicule compatible E85, l'écart avec le gazole dépasse désormais 1,30 € par litre (voir notre guide du superéthanol).
| Carburant | Moyenne juin | Moyenne juillet | Moyenne août | Août vs juin |
|---|---|---|---|---|
| Gazole | 1.961€/L | 2.061€/L | 2.215€/L | +25,4 ct |
| SP95 | 1.973€/L | 2.000€/L | 2.047€/L | +7,4 ct |
| E10 | 1.932€/L | 1.974€/L | 2.009€/L | +7,7 ct |
| SP98 | 2.024€/L | 2.054€/L | 2.084€/L | +6,0 ct |
| E85 | 0.855€/L | 0.857€/L | 0.870€/L | +1,5 ct |
| GPLc | 1.062€/L | 1.041€/L | 1.032€/L | −3,0 ct |
Sur autoroute, l'écart s'est resserré au fil des chassés-croisés
Le surcoût autoroutier, que nous mesurons en continu, n'a pas été constant cet été. Sur le gazole, l'écart entre les stations d'autoroute et les autres est passé de 16,7 centimes en juin à 13,5 centimes en juillet, puis 9,9 centimes en août ; sur l'E10, de 14,8 à 12,1 centimes.
Cette compression coïncide avec l'opération de TotalEnergies sur ses stations d'autoroute, plafonnées à 1,99 €/L pour l'essence comme pour le gazole lors des cinq week-ends de grands départs (4-5 juillet, 11-14 juillet, 1er-2 août, 15-16 août, 29-30 août). En août, le gazole autoroutier restait tout de même à 2.309 €/L en moyenne, 10 centimes au-dessus du reste du réseau : 5 € par plein de 50 litres.
| Carburant | Mois | Autoroute | Hors autoroute | Écart |
|---|---|---|---|---|
| Gazole | Juin | 2.119€/L | 1.953€/L | +16,7 ct |
| Juillet | 2.187€/L | 2.052€/L | +13,5 ct | |
| Août | 2.309€/L | 2.210€/L | +9,9 ct | |
| E10 | Juin | 2.070€/L | 1.922€/L | +14,8 ct |
| Juillet | 2.098€/L | 1.961€/L | +13,7 ct | |
| Août | 2.120€/L | 1.999€/L | +12,1 ct |
La géographie de l'été : 17 centimes entre le Finistère et les Hauts-de-Seine
Les 5 départements les moins chers (gazole, moyenne des relevés du 1er juin au 30 août) :
| # | Département | Moyenne de l'été |
|---|---|---|
| 1 | Finistère (29) | 2.022€/L |
| 2 | Vendée (85) | 2.025€/L |
| 3 | Loire-Atlantique (44) | 2.028€/L |
| 4 | Côtes-d'Armor (22) | 2.030€/L |
| 5 | Mayenne (53) | 2.037€/L |
Les 5 plus chers :
| # | Département | Moyenne de l'été |
|---|---|---|
| 1 | Hauts-de-Seine (92) | 2.197€/L |
| 2 | Paris (75) | 2.173€/L |
| 3 | Savoie (73) | 2.144€/L |
| 4 | Alpes-Maritimes (06) | 2.118€/L |
| 5 | Seine-Saint-Denis (93) | 2.117€/L |
La façade Ouest garde la main : Bretagne, Vendée, Loire-Atlantique et Mayenne occupent les cinq premières places, avec des moyennes comprises entre 2.022 et 2.037 €/L. À l'autre bout, les Hauts-de-Seine (2.197 €/L) passent cet été devant Paris (2.173 €/L), suivis de la Savoie et des Alpes-Maritimes. Faire le plein dans le Finistère plutôt que dans les Hauts-de-Seine représentait 17,4 centimes d'écart par litre, soit 8,7 € par plein de 50 litres. Le détail par département est sur la carte de France des prix.
Le débat fiscal : la France temporise, l'Italie tranche
L'été a aussi été celui des comptes. Selon Bercy, la flambée n'a rien rapporté à l'État : la TVA encaissée par litre a augmenté, mais les volumes vendus ont reculé de 12 % en mai sur un an, et le bilan du premier semestre ressort à −80 millions d'euros. L'aide de 100 € aux gros rouleurs (guichet ouvert du 27 mai au 31 juillet, environ 3 millions d'éligibles) aura coûté entre 70 et 80 millions d'euros pour un taux de recours inférieur à la moitié.
Les propositions alternatives sont restées à quai : la TVA à 5,5 % réclamée par le Rassemblement national se heurte au droit européen, qui impose un taux plancher de 15 % sur les carburants, et la fiscalité flottante défendue par Philippe Brun a été renvoyée au déficit public (5,1 % du PIB en 2025, contre 2,2 % en Espagne). Rome, très dépendante des importations, a préféré agir : 17 centimes de moins sur le seul gazole à partir du 27 juillet, pour 125 millions d'euros jusqu'au 6 août.
À la fin de l'été, c'est donc un acteur privé, TotalEnergies, qui joue en France le rôle d'amortisseur, avec un avertissement de son PDG : en cas de taxation ciblée, « il n'y aura plus jamais de plafonnement ».
Et pour la rentrée ?
Trois signaux à suivre. Le Brent d'abord : à 88 $ fin août, il est revenu sous ses pics de juillet, et la légère détente de la dernière semaine (−5 centimes sur le gazole depuis le 25 août) lui doit beaucoup. Le marché du diesel ensuite, qui commande l'écart avec l'essence. Le plafond TotalEnergies enfin, lié à la durée du conflit et, désormais, au sort de la surtaxe sur les bénéfices inscrite au projet de budget 2027.
Dans l'immédiat, les réflexes qui comptent restent les mêmes : privilégier les enseignes les moins chères, éviter le plein sur autoroute, et comparer les stations autour de vous dans l'application PrixCarbu. Le bilan du mois d'août, jour par jour, sera publié début septembre.
Questions fréquentes
De combien le gazole a-t-il augmenté pendant l'été 2026 ?
Pourquoi le gazole a-t-il augmenté alors que le pétrole a baissé ?
Quel a été l'effet du plafonnement TotalEnergies sur les prix ?
Où le gazole était-il le moins cher cet été ?
Méthodologie : moyennes nationales calculées chaque jour à partir des prix officiels affichés par les stations (données gouvernementales), soit 1 436 672 relevés dans 9 760 stations du 1er juin au 30 août 2026. Classements départementaux : moyenne de tous les relevés de la période, départements d'au moins 25 stations actives. Autoroute : stations classées « autoroute » dans le flux officiel (environ 440), moyenne mensuelle des relevés. Brent : cours de clôture quotidiens. Chronologie : dépêches reprises par prixdubaril.com. Les chiffres de cette page décrivent une période close et ne seront plus modifiés.
