Juillet 2026 restera comme le mois où le gazole a changé de camp. Parti de 1.909 €/L le 1er juillet, exactement au niveau de l'essence E10, il a terminé le mois à 2.233 €/L : une hausse de 32,5 centimes en un mois, qui l'a fait passer devant tous les sans-plomb, SP98 compris. Bilan complet, établi à partir de 525 112 relevés officiels dans 9 690 stations.
Un mois, trois croisements
Moyennes nationales quotidiennes. Les pointillés marquent les deux croisements clés : le 8 juillet (gazole devant l'E10) et le 16 juillet (gazole devant le SP98).
La bascule s'est jouée en huit jours. Le 8 juillet, le gazole (1.924 €/L) repasse devant l'E10 (1.920 €/L). Le 10 juillet, il dépasse le SP95. Le 16 juillet, il franchit le seuil symbolique du SP98, le carburant premium des essences. Il ne redescendra plus : au 31 juillet, le gazole coûtait 12,9 centimes de plus que le SP98 et 20,8 centimes de plus que l'E10.
L'explication tient au marché : la France importe une grande partie de son gazole, alors qu'elle produit et exporte de l'essence. Quand le marché international du diesel se tend, le gazole réagit plus vite et plus fort à la pompe. Pour suivre l'amont de la chaîne, le cours du pétrole est à retrouver en direct sur Prix du baril.
Le baril en toile de fond
Brent (clôture quotidienne, en dollars) et carburants à la pompe, ramenés à un indice base 100 au 1er juillet 2026.
La mécanique saute aux yeux : le Brent est passé de 71.57 $ à 90.12 $ le baril en juillet, une hausse de 25,9 %, avec un pic à 94.26 $ le 23. À la pompe, le gazole a suivi le mouvement avec un léger décalage, mais en version amortie : +17,0 % sur le mois. L'explication est fiscale : les taxes représentent environ la moitié du prix du litre et n'évoluent pas avec le brut, si bien qu'une flambée de 26 % du baril ne se répercute jamais entièrement, en proportion, sur le prix TTC. Quant aux essences, que la France raffine et exporte, elles n'ont suivi que de loin : +6,1 % pour l'E10 et +5,2 % pour le SP98.
Carburant par carburant : une hausse à trois vitesses
Variation du prix moyen national entre le 1er et le 31 juillet 2026.
Trois groupes se dessinent. Le gazole s'envole (+32,5 ct). Les sans-plomb suivent à distance : +10 à +13 centimes selon le grade. Les carburants alternatifs restent imperturbables : +0,9 ct pour l'E85, dont le prix dépend surtout de la filière agricole, et même −0,9 ct pour le GPLc. Pour les véhicules compatibles, l'écart avec le gazole n'a jamais été aussi favorable : voir notre guide du superéthanol E85.
| Carburant | 1er juillet | 31 juillet | Variation | Moyenne du mois |
|---|---|---|---|---|
| Gazole | 1.909€/L | 2.233€/L | +32,5 ct | 2.061€/L |
| SP95 | 1.942€/L | 2.075€/L | +13,3 ct | 2.000€/L |
| E10 | 1.909€/L | 2.025€/L | +11,6 ct | 1.974€/L |
| SP98 | 2.000€/L | 2.104€/L | +10,4 ct | 2.054€/L |
| E85 | 0.855€/L | 0.864€/L | +0,9 ct | 0.857€/L |
| GPLc | 1.053€/L | 1.044€/L | −0,9 ct | 1.041€/L |
Semaine par semaine : l'accélération de la mi-juillet
La hausse ne s'est pas étalée uniformément. Première semaine (du 1er au 6) : quasi-stabilité autour de 1.90 €/L. Puis le mouvement s'enclenche : +9 centimes d'amplitude la semaine du 7, +15,5 centimes la semaine du 14, la plus violente du mois, encore +8 centimes la semaine du 21. La dernière semaine dessine un plateau entre 2.208 et 2.233 €/L. L'essentiel de la flambée s'est donc joué en trois semaines, entre le 7 et le 25 juillet. Ces mouvements sont suivis chaque semaine dans notre baromètre hebdomadaire.
La géographie des prix : l'Ouest toujours gagnant
Les 5 départements les moins chers (gazole, moyenne des relevés de juillet) :
| # | Département | Moyenne juillet |
|---|---|---|
| 1 | Finistère (29) | 2.002€/L |
| 2 | Vendée (85) | 2.008€/L |
| 3 | Lot-et-Garonne (47) | 2.012€/L |
| 4 | Loire-Atlantique (44) | 2.016€/L |
| 5 | Côtes-d'Armor (22) | 2.017€/L |
Les 5 plus chers :
| # | Département | Moyenne juillet |
|---|---|---|
| 1 | Paris (75) | 2.165€/L |
| 2 | Corse (20) | 2.131€/L |
| 3 | Savoie (73) | 2.130€/L |
| 4 | Hauts-de-Seine (92) | 2.125€/L |
| 5 | Seine-Saint-Denis (93) | 2.112€/L |
La carte reste fidèle à elle-même : la façade Ouest (Bretagne, Vendée, Loire-Atlantique) domine le classement des prix bas, Paris, la petite couronne et les zones de montagne ferment la marche. Faire le plein dans le Finistère plutôt qu'à Paris représentait en juillet 16,3 centimes d'écart par litre, environ 8 € par plein de 50 litres. Le détail par département est sur la carte de France des prix.
Et pour août ?
Le plateau de la dernière semaine de juillet (autour de 2.21 à 2.23 €/L) suggère une pause, sans rien garantir : tout dépendra du marché du diesel et du baril. Dans l'immédiat, les réflexes qui comptent restent les mêmes : privilégier les enseignes les moins chères, éviter le plein sur autoroute, et comparer les stations autour de vous dans l'application PrixCarbu. Rendez-vous début septembre pour le bilan d'août.
Questions fréquentes
De combien le gazole a-t-il augmenté en juillet 2026 ?
Le gazole est-il désormais plus cher que l'essence ?
Où le gazole était-il le moins cher en juillet 2026 ?
Méthodologie : moyennes nationales calculées chaque jour à partir des prix officiels affichés par les stations (données gouvernementales), soit 525 112 relevés dans 9 690 stations en juillet. Classements départementaux : moyenne de tous les relevés du mois, départements d'au moins 25 stations actives. Les chiffres de cette page décrivent un mois clos et ne seront plus modifiés.
